1994, c’était hier! Quelques albums qui ont eu 20 ans en 2014.

1994 est probablement l’année où j’ai vraiment commencé à écouter la musique «de mon temps»! Après avoir jusque là surtout baigné dans le classique, le «classic rock» (Hendrix, Led Zep, Aerosmith), voire le prog (King Crimson, Pink Floyd, ELP), j’ai enfin réalisé qu’il y avait de nouveaux groupes qui faisaient «ici et maintenant» une musique qui me parlait...

Etait-ce le coup de massue de la mort de Kurt Cobain? Je ne sais pas, toujours est-il que j’ai commencé à écouter entre autres les groupes de Seattle, via des chaînes comme VH1 (eh oui, YouTube, la nouvelle bibliothèque – médiathèque – de Babel, n’existait pas encore!) et me suis rendue compte combien j’avais déjà perdu de temps, et combien de musique j’avais et aurais longtemps à rattraper.

Parmi les groupes que j’ai découvert cette année-là, certains sont devenus mes petits chéris, et parmi eux plusieurs ont sorti des albums devenus intemporels et incontournables, qui ont donc fêté leur 20 ans en 2014 - bien souvent avec force ré-éditions de luxe collectors, etc., inabordables quoi...

Heureusement, pour contribuer à les faire connaître et les partager, il y a toujours... YouTube!

Deux de mes groupes ou musiciens fétiches ont sorti cette année-là leur premier album, magnifiques, incandescents, de vraies déflagrations musicales, différent de tout ce que j’avais pu entendre avant: Grace de Jeff Buckley et Dummy de Portishead:

Jeff Buckley, Grace



Jeff Buckley, So real (live)

Jeff Buckley, Corpus Christi Carol (de Benjamin Britten)



Portishead, Sour Times


Portishead, Roads


Portishead, Mysterons


Dog Man Star, sorti aussi en 1994 était, lui, pratiquement le chant du cygne du groupe Suede, un petit bijou pop-rock assez bowien - très, même, du point de vue vocal - entre épique et intimiste. Certes, on y retrouve les préciosités vocales habituelles chez Brett Anderson (que je ne supportais pas au tout début!). A la guitare, toujours Bernard Butler, qui ne manquait jamais d’idée pour dialoguer avec la voix.

Suede, We Are the Pigs



Suede, The Asphalt World


Suede, Heroin



D’autres groupes ayant débuté avec la décennie 90 envoyaient le gros son: des albums à écouter d’une traite pour se sentir gonflé à bloc pendant, et complètement exténué juste après!

The Downward Spiral de Nine Inch Nails: descente dans les enfers personnels de Trent Reznor ou au moins du protagoniste de l’album.

NIN, March of the Pigs


NIN, Closer


Trent Reznor, Hurt (live, version piano)



The Holy Bible des Manic Street Preachers: un implacable et brutal catalogue post-punk des manifestations du Mal – totalitarismes, exploitation, identité personnelle déchirée, cruauté, violence (physique, psychologique, sociale) infligée à autrui ou à soi-même.

Manic Street Preachers, 4st 7lbs


Manic Street Preachers, Die in the summertime


Manic Street Preachers, Mausoleum



Vitalogy, de Pearl Jam, un album qui crée une ligne de partage entre le son rock et le lyrisme vocal des débuts du groupe et des territoires musicaux et instrumentaux moins attendus.

Pearl Jam, Spin the Black Circle (live)


Pearl Jam, Immortality


Pearl Jam, Tremor Christ



Superunknown, de Soundgarden, autre groupe de Seattle, avec comme frontman Chris Cornell, dont le groupe précédent, Temple of the Dog, comptait parmi ses membres rien moins que les musiciens qui ont ensuite formé... Pearl Jam! (Eddie Vedder faisait les deuxième voix sur le seul album de Temple of the Dog!)

Soundgarden, Fell on Black Days


Soundgarden, 4th of July



Cette année-là aussi, les également seattliens Alice in Chains sortaient Jar Of Flies, pas un album, mais un EP un peu bizarrement agencé, contenant 7 titres dont celui-ci, devenu un classique:

Alice in Chains, Nutshell



Voici deux petits derniers pour la route, à des années-lumières de ce qui précède:
En 1994, Dead Can Dance était un groupe déjà culte depuis une dizaine d’années, mais je ne les ai découvert qu’avec la sortie de cet album live: Towards the Within, aux influences très diverses, irlandaises autant qu’orientales.

Dead Can Dance (Lisa Gerrard), Sanvean


Dead Can Dance, The Wind That Shakes The Barley


Quant à ce cinglé de Beck, il sortit, lui, carrément 3 albums en un an, en 1994: Stereopathetic Soulmanure, Mellow Gold, et One foot in the grave. Plutôt lo-fi et situationniste:

Beck, Loser


Beck, Satan Gave Me a Taco


Beck, Pay No Mind